Samedi 23 juillet 2005
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Plus radicale et exigeante, marquée par quelques ratés, la programmation de cette 59e édition n'a pas mérité l'opprobre dont elle est l'objet.
Par Antoine de Baecque et René Solis, envoyés spéciaux en Avignon du journal Libération, dans l'édition du samedi 23 juillet 2005.
"Le Figaro, la Provence, principal quotidien local, consacrait sa une à la «grogne du public». [...] France Inter parlait jeudi de la «catastrophe avignonnaise». Dans une tribune publiée par l'Humanité, René Gonzalez, directeur du Théâtre Vidy de Lausanne, évoque un festival «largement marqué par l'autisme et l'onanisme» ; tandis que dans la revue Politis, sous le titre «Quelle purge !», Frédéric Ferney parle d'une «sombre et austère radicalité qui fait fuir le public». [...] Il y a certes des travaux ratés, une saturation de la forme (encore et toujours de la vidéo, des corps et de la danse) alliée à une frustration quant au fond (pas de célébration des mots). On a plutôt le sentiment d'un festival éclaté, avec de nombreux gestes à la marge et l'absence de spectacles fédérateurs.[...] Ensuite parce que l'on assiste à la fin d'une époque : Avignon a toujours été un festival plurigénérationnel, où les anciens transmettaient la légende vilarienne. Cette génération des débuts disparaît. Et le rajeunissement du public passera peut-être par d'autres ruptures douloureuses."
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Pretez attention à la rubrique "A lire aussi" en particulier l'éditorial d'Antoine de Gaudemar du samedi 23 juillet 2005; "Le reveil":
"Les jeunes directeurs du plus célèbre festival de théâtre au monde essuient leurs premières rafales, et leur goût revendiqué pour l'innovation et la prise de risque les met à rude épreuve [...] Dans leur ardeur juvénile, les programmateurs avignonnais manquent sans doute de lucidité face aux fausses avant-gardes. Et avec un peu plus de sens tactique, ils sauront sans doute mêler à leur passion découvreuse quelques spectacles plus consensuels et fédérateurs, de quoi faire taire les cabales du parterre et les démagogues qui font toujours recette facile contre l'élitisme et l'argent dilapidé des contribuables. Mais ils ont d'ores et déjà réussi quelque chose. Ils ont réveillé Avignon, qui s'endormait doucement sur ses lauriers."
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Voir
la polémique dans Le Figaro.
Notamment l'éditorial "
Avignon, rien ne va plus" d'Armelle Héliot du 21 juillet 2005:
"Qu'est-ce aujourd'hui ? Le lieu de la mode et du marché, des expériences tendancieuses ; le lieu d'un art officiel qui s'offre un peu de scandale avec beaucoup de subventions. Lucide, Jean Vilar avait, dès 1969, dit ses craintes qu'un jour cette manifestation ne devienne «inutile», «mécanique», «commerciale» ; qu'elle «obéisse aux lois du capitalisme ou sauvage ou policé», soit un «supermarket». En ce cas, Avignon devait disparaître, disait-il."
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"Je n’ai cessé tout au long des échanges de penser au Festival d’Avignon : le lien qui se perd avec le public, le poids d’un contexte national et international anxiogène qui se juxtapose à une programmation « agressive » ; l’absence d’un accompagnement du public dans le rythme du changement qu’on lui impose (le passage du théâtre avec du texte aux créations métaphoriques…)."
Pascal Bely, pose ainsi aussi son regard critique sur d'autres festivals de la région... à la manière d'un journal personnel... à lire... sur
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