Selon son nouveau probable acheteur, le paquebot ex-France puis ex-Norway, renommé Blue Lady il y a quelques semaines (voir précédents articles *)
, serait attendu en fin de mois à Chittagong, plages du Bangladesh connues comme celle d'Alang en Inde pour être le lieu de fin de vie de nombreux navires qui y sont démontés au niveau du sable, souvent à mains nues par des ouvriers et parfois même des enfants pieds nus dans les produits polluants. Il semblerait que ce soit pourtant
en désaccord avec les autorités du Bangladesh que Haji Lokman, propriétaire du chantier "Jiri Subedar Ship Breaking Yard", veuille se porter acquéreur du bateau pour 10 millions d'€uros. Les autorités indiennes puis malaisiennes où se trouve le navire avaient auparavant aussi émis un avis défavorable. On peut craindre que Star Cruises ne souhaite se débarrasser très rapidement du navire se défiant des autorités et des lobbies écologiques misses devant le fait accompli pour éviter tout pourrissement de la situation à la manière du Clemenceau.
En savoir plus, en anglais; brèves avec
www.maritimematters.com
et un long article sur
independent-bangladesh.com
avec une proposition de traduction:
http://translate.google.com/translate
.
Le bateau, bourré d'amiante, est depuis l'annulation de la dernière vente (voir précédents articles *) sur la liste noire des différents chantiers de démolition indiens et bengalais. On assiste à un
bras de fer entre les intérêts
des chantiers et même entre chantiers de différents pays - avec toutes leurs filières locales qui en dépendent énormément -
et les autorités locales ou nationales, parfois discordantes comme en Inde. Les gouvernements sont aussi coincés entre ces
pressions économiques et celles d'origines politiques des organisations écologiques internationales bien organisées, comme par la volonté de démontrer qu'ils veulent commencer à maîtriser les pollutions et à améliorer les conditions de travail des ouvriers. Reste peut-être encore à l'écart des médias et des écologiques; la Chine présente aussi sur ce marché de la casse, plus industrialisée et donc un peu moins dangereuse pour ses ouvriers.
Le Norway contient de l'amiante en grande quantité pour l'isolation des machines et également dans les cloisons des cabines (marinite, voir précédents articles *); soit 1200 tonnes et bien plus que dans le Clemenceau. De l'amiante s'est aussi dispersée et déposée lors de l'explosion dans les machines en 2003. Ce qui renchérit toute transformation... et même son élimination !
Sur les
contextes humains et économiques des chantiers de démolition, lire un excellent dossier en français et fort documenté; "
Où finissent les bateaux poubelles ? Les droits des travailleurs dans les chantiers de démolition de navires en Asie du sud." par la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (Fidh) - Rapport n°348 de Décembre 2002:
www.fidh.org
(.pdf de 2,2 Mo) ou bien version html légère avec
www.google.com
. Voir aussi les nombreuses photos de Chittagong sur:
www.faktaomfartyg.com
et dans les articles précédents (*).
"Chittagong Roads", oct. 2004, Samtliga foton © Erik Nauclér - Source: faktaomfartyg.com
A moins encore, qu'il s'agisse par le vendeur, la Star Cruises, de presser d'autres possibles acquéreurs ? Voir une liste des projets de rachats dans les précédents articles (*). Par ailleurs il n'est pas certain qu'une entreprise même aussi importante et internationale, soit aussi sensible et soumise aux mêmes pressions qu'un état comme la France qui doit renoncer pour le Clemenceau.
Il faut aussi savoir que la
Star Cruises par la
Ncl est aussi devenu
propriétaire en 2003
de deux autres fameux grands navires de croisières "historiques"; le
SS United States (1952) et
SS Independence (1950) également désarmés. Le premier est à l'abandon depuis plus de vingt années, mais déjà vidé de son amiante !. Ils furent achetés afin de profiter, grâce à leur pavillon américain, du privilège du cabotage dans les îles américaines pour les autres navires de Ncl America et avec engagement des les restaurer.
Source (20 mai 2003) service presse: www.starcruises.com
(.pdf 300 Ko, en anglais), ou autre version html: www.ncl.com
. La restauration du Norway, depuis son accident mi 2003, n'a jamais été la priorité de son propriétaire, affirmé dans une information financière de Star Cruises fin 2003
starcruises.com/Investor
(.pdf de 900 Ko) ou version html en mémoire de
google.com
(page 56, note 1). Quels seront les/le choix de restauration ou/et de démolition ?
Voir les fascinantes photos du SS United States ou "Big U" comme un fantôme à quai à Philadelphie sur:
www.ssunitedstates.org
et son intérieur vide:
www.ss-united-states.net
. En savoir plus avec Wikipedia (en anglais) sur le
SS United States
et avec MaritimeMatters.com sur le
SS Independence
.
On peut craindre que le sort du France en "rade" soit aussi long à se résoudre... ou bien un accident est vite arrivé ! On peut penser aux tristes fin dans les flammes du
Normandie
à quai en 1942 à New York, le
Queen Elizabeth
en 1972 au large d'Honkong ou encore l'
American Star
, remorqué et qui s'échouera sur une des îles des Canaries début 1994 et continue depuis à se désagréger.
Voir des photos récentes du navire toujours à l'ancre loin au large de Port Kelang toujours dans les articles précédents (*):
Illustration en haut de l'article due à Hervé et Agnès français vivant en Malaisie sur www.revedefrance.com
.
[mise à jour] Confirmation rapide le mercredi 15 février 2006 dans la presse audio-visuelle et écrite... en français !
Lire en particulier:
www.meretmarine.com
et toujours
des doutes par l'Association pour le Paquebot France:
www.sospaquebotfrance.net
.
Suivre l'actualité maintenant nourrie et en français avec:
yahoo.com/search/news
ou
http://news.google.fr
.