Le sort du Norway (ex-France), qui a quitté hier le port de Bremerhaven (Allemagne) pour la Malaisie, inquiète les amoureux du France, qui redoutent que le fleuron de la construction navale française ne finisse à la casse."Tous les signes font que pour nous le bateau serait exploité en Malaisie, mais d'autres disent qu'il irait vers le Bangladesh pour être démoli", note Jacques Lhéritier, président de l'association pour l'ex-France, basée à Saint-Nazaire et qui milite pour la sauvegarde du navire.
Selon la société Norwegian Cruise Lines (NCL), propriétaire de bateau, le Norway doit rejoindre Port Klang en Malaisie. "Le bateau va prendre la direction de Port Klang en Malaisie, nous ne pouvons actuellement donner aucune information détaillée quant à son avenir", a indiqué une porte-parole de NCL-Allemagne.
Depuis plusieurs mois, les informations les plus diverses ont circulé sur l'avenir du paquebot, notamment la possibilité de le transformer en hôtel de luxe flottant ou de l'envoyer à la casse. Le groupe Pierre-et-Vacances, un temps intéressé par ce projet, a renoncé. De son côté, le promoteur français Isaac Dahan, à l'initiative d'une telle reconversion pour le navire, garde le silence depuis plusieurs semaines. Le prix de vente de l'ex-France est fixé à plus de 20 millions d'euros (25 millions de dollars).
Des investisseurs, notamment saoudiens, seraient toujours intéressés par une reprise du paquebot. Ainsi, Pascal Voisin, un promoteur immobilier qui représente en France des fonds de pension américains, envisage d'en faire un hôtel à quai en Normandie.
"Les travaux de remise en état de ce bateau sont colossaux, il a plus une vocation de bateau immobile", a indiqué M. Voisin. Pour Jean Coune, dernier ingénieur survivant ayant participé à Saint-Nazaire à la construction aux Chantiers de l'Atlantique du France, ce serait une "grande tristesse" que l'ex-France parte à la démolition.
"France est un navire extraordinaire, encore maintenant", a affirmé l'octogénaire qui a participé de 1957 à 1962 aux études, à la construction et aux premiers essais en mer du paquebot.
L'explosion d'une chaudière le 5 mai 2003 qui a provoqué la mort de huit marins a, selon lui, scellé le sort du paquebot. "Je suis persuadé que sans cet accident il serait toujours en service, même confronté à la concurrence des paquebots modernes", note celui qui a assuré la direction des Chantiers de l'Atlantique de 1967 à 1985.
Construit à Saint-Nazaire et mis en service en 1961, le France a été durant plus de dix ans affecté aux traversées Le Havre-New York puis désarmé en 1974. Il a été vendu en 1979 à la NCL qui l'a rebaptisé Norway et transformé en paquebot de croisière dans les Caraïbes.
On en saura plus dans 72 jours; c'est le temps de navigation prévu... !
Source: www.bienpublic.com Illustration:
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